Tant de fois où je suis restée la gorge nouée par des mots que je n’arrivais pas à formuler. Tant de conversations que j’ai écourtées par incapacité de m’exprimer. Je me sens comme terriblement limitée par la parole, les mots que l’on énonce tout haut. J’aimerai pouvoir ne parler que par écrit, prendre le temps de coucher mes mots sur le papier, d’analyser mes propres pensées pour mieux les concrétiser. Peut être que je suis trop lente, ou que le monde est trop rapide. Quand je suis face à quelqu’un, quelqu’un avec qui bien évidemment je dois parler, mon cœur s’accélère et les phrases s’entrechoquent dans ma tête, me rendant juste, idiote. Et je me suis longtemps demander si je l’étais vraiment, si je suis vraiment idiote. Incapable de m’adapter à une réalité dont je ne peux m’échapper. Paralysée face à ma frustration constante, les mots que je tais et qui chaque jour s’entassent en moi comme du ciment ensevelissant mes entrailles, m’empêchant de respirer. Les autres m’effraient. Je ...