Le Barrage

Chaque jour 
Vide de ton amour 
Mon âme place les briques 
Du mur magique 
Qui retient 
Mon tout et mon rien  
Qui sont encore tiens 

Cet autophage 
S’appelle le Barrage 

La haine déguisée 
La violence aiguisée 
Qui écharde mes entrailles 
Et qui dans le Barrage 
Crée des failles 

Et le flot de mes émotions 
Le feu qui m’anime 
La terre qui m’abrite 
L’air qui fait sa loi
Et l’eau qui me noie 
Menacent d’emporter 
À tout jamais 
Mon hiver et mon été 

Je meurs un peu chaque fois 
Que mes yeux lâchent leur proie 
Après des semaines sans penser à toi 
Quand cette voix là ou ce parfum 
Me rappelle que tu n’aura jamais de fin 

Car derrière ces briques de ciment
Demeure les profondeurs de mes sentiments 
En ouragans et torrents  
Luttant pour m’envahir et que je me rende 

Et quelques fois cette eau 
Que je lutte pourtant à retenir 
S’infiltre dans ma tête 
M’obligeant à quitté la fête 
Et cet excès je dois l’évacuer 
Alors je feins devoir rentrer 
N’avoir plus faim 
Ou mal me sentir 
Pour m’isoler 
Et pleurer 

Parce que le Barrage est faux
Ce n’est qu’une invention, un mot 
Je l’ai imaginé 
De toutes pièces, créé
Comme une raison de continuer 
Comme pour me protéger 
De toi 
Qui semble si imprégné en moi

Mais ne t’en fais point 
Du problème je prends soin 
Mon âme est contremaître 
Du Barrage qu’elle a fait naître 
Et elle m’a tantôt informée 
Que bientôt elle transformerait 
Mes larmes en or 
Et le Barrage et tous ses ports 
Seront bientôt infaillibles 
À toute fuite possible 

Peut-être, je lui ai répondu 
Mais en attendant mon feu perdure
Car je ne peux me résoudre à m’aimer 
Je ne peux continuer à les aimer 
Si son regard m’est inaccessible 
Si notre amour est risible 
Car tout simplement, impossible.







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