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Affichage des articles du avril, 2020

“La columna rota”

Suave brume satinée  Le décor est morose  L’aboiement de la vallée   En tumultes et ecchymoses Des falaises maçonnées  Peuplent l’horizon  L’abîme enchevêtrée  Dans l’enclave de la saison   Les remparts en apnée  Où fleurissent les contractions  Corrompent le barrage éprouvé Par ces affres de l’affliction Épines et calamités  Géhenne de châtiments Les martyrs sont tenaillés Prisonniers du malfaisant Ce prince de l’opacité  Cavale en chevalier funeste  Il règne sur les torturés  Ni clément ni leste  Le néant est gangrené  Dans l’arène de ce royaume  Où beugle sans congé La détresse des hommes  De supplices est envenimée  Cette terre maudite  Tailladée et crucifiée  Je suis l’hôte qu’elle habite 

Genèse

Toi, oui toi qui pagaies en silence, oublie le monde, oublie l’univers qui danse. Oublie ton corps, ton enveloppe indécente, ta chair. Oublie le rouage infernal de ton calvaire. Je veux que tout doucement tu voyages, assieds-toi sur un nuage. Prend à droite, ignore tes mains moites. Dans ton âme tu trouvera un trésor, une fleur aux pétales d’or. Le galbe de l’infini, t’invitera en son sein. Sur les murs de tes entrailles, des fresques, des dessins. Ressens la béatitude te posséder, les éléments t’incarner. Oui, le vent qui tressaille en ton coeur et son printemps aguicheur. Laisse ton enfer condescendre, les mystères de ton torrent se noyer dans tes méandres. Introspecte les racines qui s’ancrent paradoxalement dans tes cimes. Savoure l’extravagance de ces ramifications. Le bizarre, l’unique, le fantasque de ce son. Cette perfection trouble, ébranlée et anarchique. Le souffle tourbillonnant que tes vagues communiquent. Délecte-toi de ce rythme abstrait qui émane de ta poitrine. Prend ...

18 avril

chamades mélancoliques  un vacarme intime  l’unique grain du sablier  s’écoule au fond de l’océan  de la morphine ardente des paysages avides aux méduses sordides  l’orchestre qui m’accable  fracture  la folie véritable  carnage impitoyable  les spasmes, le vertige le fauve aboie à la lune  six lettres torpides électriques et déjantées une féerie anéantie  ma plaie ensor-salée 

Essai ou Cavalière

Je chevauche le vide  Non pas dans le vide  Mais bien le vide  L’horloge tourne  affolée  La poussière chante Et le tic toc nous mange  Et le vide  Ce vide  Je le chevauche  Je chevauche  Le souffle des aigles  piègé dans des bulles de miel  Et puis cette rose qui dévore le temps  les marguerites, le soleil dans le vent  Je chevauche  Une rivière éternelle  et rouge  Cannibale de la nuit  Papillons d’étoiles  Je chevauche Ce coeur en forme de guépard  l’ennui  L’orage qui crucifie les nuages  Le jour qui suffoque  Je chevauche  L’errance et la folie du ciel  le charme des fleurs  la morsure de la Terre  qui meurt

Deuil

La plante de mes pieds brûle La chaleur des limbes qui ondule  Le haut de mon crâne gèle  Les anges sont frêles  Entre les deux le chaos  De la chair en lambeaux  Le sol et la terre sont si éloignés  Les étoiles, les trous noirs sont à proximité  Une source de lave insipide  Des nuages et du miel acide  Mes pensées sont ensorcelées  Dans quoi mon esprit s’est enlisé  Je vole à reculons  Dans le néant je me fonds  Des ombres animées  M’hypnotisent, affamées  Je me sens comme dévorée  Mes entrailles saccagées  Ni rêve ni cauchemar  Réel comme les stroboscopes d’un phare Une lancinante agonie qui perdure  Des chants angoissants, des murmures  Et puis à l’état brute  Le deuil, abrupt