Deuil
La plante de mes pieds brûle
La chaleur des limbes qui ondule
Le haut de mon crâne gèle
Les anges sont frêles
Entre les deux le chaos
De la chair en lambeaux
Le sol et la terre sont si éloignés
Les étoiles, les trous noirs sont à proximité
Une source de lave insipide
Des nuages et du miel acide
Mes pensées sont ensorcelées
Dans quoi mon esprit s’est enlisé
Je vole à reculons
Dans le néant je me fonds
Des ombres animées
M’hypnotisent, affamées
Je me sens comme dévorée
Mes entrailles saccagées
Ni rêve ni cauchemar
Réel comme les stroboscopes d’un phare
Une lancinante agonie qui perdure
Des chants angoissants, des murmures
Et puis à l’état brute
Le deuil, abrupt
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